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                            Discours sur l’égalité, un soir d’été, à Vénissieux.

                                 Par Robert Redeker. le 11 juillet 2002.
  
L’“ égalité ” est l’un des trois concepts tutélaires de la République. Chacun des trois d’ailleurs est très difficile à penser, ouvrant des abîmes qui peuvent laisser perplexes. Sans doute parce que loin d’être des évidences rayonnantes, ils sont suspendus à la décision métaphysique de les tenir pour des absolus. Sans doute parce que ce sont des idées philosophiques, et non pas des vérités scientifiques, ni non plus des vérités empiriques d’expérience. Sans doute aussi parce qu’elles sont de pures abstractions, issues d’un temps philosophique particulier (les Lumières). Les temps démocratiques sont ceux (Cornelius Castoriadis a insisté sur ce thème) de la discutabilité généralisée – les principes, en particulier, sont toujours en débat, soupçonnés par nature. L’égalité n’échappe pas à ce caractère très problématique qu’elle partage avec la liberté et avec la fraternité. Jamais un dogme, l’égalité est toujours à interroger.
  
Au fond, et très généralement, pour rester un instant dans une approche ontologique, l’égalité qu’est-ce ? Au sens très général ? L’égalité navigue entre deux formes : la commune mesure et l’abolition de toute mesure ? Si tout est égalisé, si tout égal, il n’y a plus rien à mesurer et l’égalité devient l’effacement de la mesure, la dé-mesure néantisante. On stationne alors dans ce fanatisme de l’égalité qu’on appelle égalitarisme. De façon plus raisonnable, il faut reconnaître qu’il y a deux égalités : une bonne égalité et une mauvaise égalité. Il faut en effet distinguer le point maximal de l’égalité (l’égalitarisme, la mauvaise égalité) et le dynamisme de l’égalité (le mouvement d’égalitarisation, la bonne égalité). Comme point maximal (égalitarisme) l’égalité est la démesure qui abolit toute mesure et tout écart (autrement dit elle est la mort sociale dans quoi plus rien n’existe ni ne peut exister), tandis que comme mouvement (l’égalitarisation ininterrompue) elle est le travail social/politique de rectification, de modification des écarts, autrement dit elle est la commune mesure. L’égalité, au bon sens du terme, est ce qui défait et reconstitue la mesure sociale (dynamisme de la bonne égalité, égalitarisation) sans jamais se réaliser, sans jamais devenir réalité (qui serait la mauvaise égalité, la démesure mortelle de l’égalitarisme).
La question de l’égalité est donc la question de la mesure portant sur trois rapports : les rapports entre les hommes, les rapports des hommes aux choses (la question, aujourd’hui taboue, de la propriété), et les rapports entre les choses.  L’énoncé de ces rapports  indique bien que l’on passe de la question ontologique de la nature de l’égalité à sa question politique.


1.L’égalité politique.



Envisageons l’égalité comme concept politique. Politiquement, l’égalité est ce mouvement qui crée des égaux pouvant exercer la souveraineté politique. Chacun des égaux est non pas une partie du souverain, mais tout le souverain (cette identité de chacun avec le souverain est suggérée par la notion de volonté générale qui n’est pas la somme arithmétique des volontés particulières de chacun). L’égalité est la condition de possibilité, condition sine qua non, de la vie politique – sans l’égalité, en dehors de l’égalité, il n’y a pas de politique. Ou plutôt : sans des égaux, il n’y a pas de politique. Tous les systèmes politiques reposent sur l’égalité : l’aristocratie elle-même s’appuie sur l’affirmation de l’égalité entre les membres de cette classe, et bien sûr la démocratie qui est toujours une aristocratie élargie (dans la mesure où la démocratie suppose une limite, c’est-à-dire la définition d’un dehors, la désignation de ceux qui ne participent pas à l’exercice souverain du pouvoir). L’égalité est donc la frontière qui sépare la politique de la non-politique. L’égalité institue des “ pairs ” qui forment, en partageant sans la dissocier cette égalité, le souverain. La fonction de l’égalité est dans ce cadre double : elle inclut (en désignant les égaux) dans le corps politique et exclut à la fois de ce corps politique (en désignant les non-égaux). Toute égalité se définit d’un double geste : d’inclusion et d’exclusion.
Politiquement, on peut définir l’égalité ainsi : l’égalité est la parité dans la souveraineté. On voit que le cercle de l’égalité est variable, mais qu’il faut lui donner une limite (ce cercle peut aller de quelques individus formant une aristocratie, tels les hommes libres d’Athènes dans l’Antiquité, jusqu’à des millions de citoyens dans les démocraties contemporaines). L’égalité trace une circonférence qui constitue un dedans et un dehors (il n’y a ni souveraineté ni égalité ni corps politique sans frontière), une limite constituante (la frontière de l’égalité constitue le corps politique, trace la limite de son “ milieu intérieur ”). Cette frontière au-delà de laquelle l’égalité ne vaut plus est, conceptuellement, semblable à la peau en deçà de laquelle il y a “ le milieu intérieur ” (Claude Bernard découvrit, en biologie, ce concept). Le milieu intérieur est le corps politique, qui suppose, pour persister dans la vie, est dont légalité est la peau qui le distingue en même temps quelle en définit l’espace, autrement dit elle en est aussi la frontière. Le peuple est le corps politique – l’égalité est la peau et la frontière du peuple.
Comme concept politique, le cœur de l’égalité gît dans cet énoncé : l’égalité est le droit (au sens fort de droit : le devoir) de participer aux décisions politiques. Depuis Aristote, c’est cette participation active qui définit le citoyen. Le citoyen n’est pas seulement une instance consultative, un être de débat (ce à quoi le consensus ambiant veut le réduire); c’est avant tout un être de décision politique, un être d’exercice du pouvoir, de souveraineté. L’égalité politique dépasse l’égalité juridique : le droit de parler, de débattre, de s’exprimer n’est pas encore la démocratie, bien que ces formes soient indispensables à la démocratie, ce n’est là que l’égalité juridique et communicationnelle (l’égalité de droit dans l’espace communicationnel). Cette égalité là peut même faire office de leurre : laisser croire que la démocratie se réduit à l’information et au débat généralisé à tous sur tout (et n’importe quoi). Les leurres fabriqués par la communication médiatique ne manquent pas : on a bien voulu faire croire (en 1998) que le football était la république (avec toute la mythologie mercantilo-médiatique du black- blanc-beur), on peut bien nous faire croire que le débat généralisé dans lequel tout le monde paraît égal, dans lequel toutes les voix quoiqu’elles disent paraissent compter à égalité avec les autres, est la démocratie. La démocratie est confondue avec l’égalité dans le droit de parler. Cette égalité doxophonique est un leurre. L’égalité politique – toute différente  de cette égalité doxophonique, caratéristique de l’âge médiatique -  - surgit avec le passage du débat au pouvoir, de la communication à la décision (c’est à dire à l’acte du souverain). Or nous sommes dans un moment de rupture : celui de la déconnection des instances de décision d’avec celles (élues) de débat. Voici le paysage qui se profile à l’horizon : l’égalité communicationnelle sans l’égalité politique, la démocratie langagière ou doxophonie (appelée par certains démocratie d’opinion) sans la démocratie effective ( a participation à la décision), ni la République (la souveraineté populaire). Dans ce contexte de démocratie langagière qui dissocie la démocratie d’avec le pouvoir en ramenant la démocratie à la simple expression des opinions, s’interroger sur l’égalité politique est évidemment subversif.
L’égalité politique est la participation vraie, effective, à l’acte de décision.
L’affaiblissement, par les effets de la démocratie langagière (que vous pouvez aussi appeler démocratie faible, ou démocratie d’opinion) de l’égalité politique empêche cette participation du souverain au pouvoir ; il empêche l’exercice de la souveraineté ; autrement dit, il a des efftes anti-politiques. Il affaiblit le corps politique, le disperse, favorise mécaniquement l’individualisme et le tribalisme, l’éclatement de ce corps politique en tribus, communautés, et individus isolés. L’égalité politique a une double effectivité : instaurer et maintenir le corps politique.
L’égalité est donc en même temps le fondement de la politique, de l’exercice de celle-ci (il n’y a de politique que dans la mesure où il y a de l’égalité). Sous sa forme de concept politique, l’égalité s’avère paradoxale : ce qui est rendu possible par l’égalité (l’exercice souverain du pouvoir politique) menace sans cesse cette égalité de dissolution. Le pouvoir peut s’autonomiser et écraser le souverain d’où il a émergé. D’une part, création de la politique (c’est la politique qui instaure l’égalité) l’égalité est en même temps la condition de la politique, quand d’autre part, tout en étant la condition de l’exercice de la souveraineté (ce qui s’appelle la politique) elle est en permanence menacée par cet exercice. Menaces : la politique peut disparaître en devenant pouvoir absolu, dictature d’un seul, tyrannie d’un ou de plusieurs, techno-expertocratie, doxocratie, totalitarisme, bref en étant remplacée par des formes non-politiques ou post-politiques de pouvoir.


2.Le rêve de l’égalité : onirique et politique.


            On est obligé de distinguer l’égalité politique (condition et production de la politique, sans elle le corps politique ne peut exister) d’avec toutes les autres formes d’égalité sociologique observées dans l’histoire de l’humanité (par exemple le “ communisme primitif ” et archaïque dont parle Marx). La politique n’est pas, loin de là, le fait de toutes les sociétés, donc dans la plupart des sociétés l’égalité politique n’a jamais existé ; la politique est le fait des sociétés dont l’existence a été ouverte par l’invention conjointe de la philosophie et de la politique dans l’ancienne Grèce, et d’elles seules.
            Du point de vue philosophique l’égalité est un concept politique exprimant l’essence de la souveraineté. Mais du point de vue social l’égalité doit se limiter à la fonction d’idéal régulateur, sans se pervertir dans l’égalitarisme. L’égalité peut être un beau rêve (comme la destinée de l’âme après la mort pour la vie morale) de la vie sociale, mais jamais elle ne doit devenir une effectivité. L’égalité est l’idée régulatrice qui doit travailler sur l’inégalité dans la société et la modifier, mais elle ne doit jamais elle-même devenir réalité sociale effective, elle doit demeurer ce beau rêve. On ne combat l’inégalité sociale que par le rêve de l’égalité. Si le rêve disparaît en devenant réalité, alors ce combat devient impossible ; mais surtout, ce rêve réalisé a de bonnes chances de se révéler un cauchemar. Ce rêve d’égalité sociale a traversé les journées révolutionnaires du XIXème siècle, la Commune, les grands mouvements revendicatifs du XXème siècle, les conseils ouvriers de Budapest, etc…L’égalité sociale accomplie est le beau rêve – semblable à la survie de l’âme après la mort – de la vie politique. On sait que l’espoir d’une survie heureuse après la mort, récompense de la vertu, aide les hommes à vivre dans la vertu, à faire du bien, à perfectionner leur propre existence. Le rêve d’égalité perfectionne la vie sociale. C’est en ce sens (celui de l’idéal régulateur et du beau rêve) que l’égalité sociale accomplie est l’au-delà de la politique effective tout comme la survie de l’âme en paradis est l’au-delà de la vie morale effective. Cependant, l’égalité est destinée à demeurer un rêve, sinon survient l’hybris (que l’on a vue de la révolte des paysans de Thomas Münzer en passant par Savonarole jusqu’à Pol Pot et les Khmers Rouges) elle verse la politique dans la mort. C’est pourquoi si l’égalité politique (la participation de tous ceux qui constituent le souverain aux prises de décisions) doit être effective, l’égalité sociale pour sa part doit demeurer un rêve jamais réalisé.
            Que signifie cette idée de rêve ? Le rêve de l’égalité ? C’est évidemment le grand rêve moderne, commun à la Révolution américaine et à Lénine, le rêve qui anime, sur des modalités extrêmement différentes, aussi bien l’idéologie de la démocratie américaine (Tocqueville nous apprend tout sur cette idéologie) que l’idéologie léniniste. Dans ce cas, il faut dire que l’égalité est une puissance utopique, d’ordre onirique, mobilisatrice. Un peu comme – référons nous à Georges Sorel et à ses Réflexions sur la violence – le mythe de la grève générale et le mythe de l’église militante. Mais le rêve de l’égalité est une structure onirique beaucoup plus profonde que les deux exemples travaillés par Sorel ; en effet, ces mythes là (la grève générale et l’église militante) ne sont pas fondamentaux, ils portent dans leurs entrailles le rêve plus fondamental et plus général d’égalité tout simplement parce qu’ils en sont dérivés. Ils en sont des expressions particulières. Dans l’égalité conçue comme puissance utopique, l’onirique et le politique se mélangent. 


3. L’égalité et la politique aujourd’hui.  


Politiquement, l’idée d’égalité combat le rapt de la politique par l’expertise (l’expertocratie). Le citoyen est, en tant que membre du souverain, un amateur :  il gouverne en amateur.
            L’expérience politique fondamentale de l’homme contemporain est celle du vide de l’existence politique. L’insignifiant s’est imposé. Le crétinisme est présenté partout comme l’étalon des valeurs. “ Montée de l’insignifiance ”, dit Cornelius Castoriadis, faisant écho à l’“ ère du vide ” diagnostiquée naguère par un autre philosophe, Gilles Lipovetski. Accompagnant ce mouvement, le citoyen est dissout dans une réalité statistique. Le “ on ” statistique du sondage tient lieu d’opinion publique politique. L’élection elle-même est transformée en un sondage, surtout en un sondage contre les sondages. Si par la vertu de l’élection dans une démocratie d’opinion, langagière (doxophonique et doxocratique), le citoyen n’est pas convié à participer en tant que souverain à la prise de décision, alors l’élection n’est plus par nature différente d’un sondage ; elle est un sondage grandeur nature, ou le vrai sondage, qui fait marcher la démocratie d’opinion. L’élection s’effondre au rang de sondage-étalon. Le sondage est le tombeau du citoyen, ou plutôt, comme le citoyen y est dissout, pulvérisé en une réalité non plus politique mais statistique, le sondage est l’urne funéraire du citoyen. Les cendres du citoyen sont dans les sondages. L’équivalence des réponses à un sondage est le contraire de l’égalité politique ; elle exprime la normativité statistique du “ on ” qui détruit l’égalité (en la parodiant : avoir une opinion statistiquement mesurable est pris pour la citoyenneté). D’ailleurs, sous la pression des médias de masse, l’homme ordinaire contemporain - l’anonyme “ on ” heideggérien -  ne perçoit plus la politique que sur le mode de la bourse (les valeurs qui montent les valeurs qui descendent), qui elle-même singe de plus en plus la météo et du jeu vidéo. Où est la souveraineté populaire là dedans ? Où est la politique ? Où est le citoyen ? Nulle part.
            La substitution de la gestion à la politique, et la mise à l’écart du citoyen par le biais de sa réduction à l’objet statistique sondé, implique l’assomption de l’expert. Les (pseudo) décisions politiques se prennent sous le surplomb de l’expert. L’expert veut faire circuler la prosaïque légende selon laquelle il n’y aurait de  problème que technique, ce qui implique qu’il n’y aurait d’idée qu’instrumentale. Il se comporte un peu, mutatis mutandis, à l’image du prêtre de jadis avec son latin: je suis le seul à comprendre le discours que je tiens, mais dans la mesure où c’est celui de la vérité, croyez-y et abandonnez-vous à moi. Ainsi font les technocrates. Pour régner, l’expert technocratique doit dépolitiser. L’expert technocratique est un scientiste achevé : de même que pour le scientiste, il n’y a pas de problème métaphysique, pour l’expert il n’y a pas de problème politique. La politique est un discours sur les fins orientant une pratique collective de la décision, et l’expert ne veut surtout pas que les fins soient discutées. A la philosophie politique se substitue l’efficacité. A la politique se substituent les techniques de la gestion. A la philosophie politique se substituent les sciences politiques et économiques. Le seul monde qui compte n’est certes plus celui des buts, la cité des fins, non, c’est celui de la compétence  - le monde de la compétence est à sa manière une forme d’au-delà puisque nous, les citoyens, nous en sommes tous exclus - monde de la compétence dans lequel, comme dans la philosophie de William James, la réussite est tenue pour être le critère de la vérité. Une bonne idée, dès lors, ce n’est rien d’autre qu’une idée qui donne l’apparence de marcher! Non pas forcément une idée qui marche – souvenons-nous des fameuses “ zones franches ” ! - mais une idée qui, mise en scène par la communication, doit donner l’apparence de marcher.
La politique, à chaque fois qu’elle surgit, est en effet un obstacle au pouvoir de la compétence. L’égalité entre l’expert et le citoyen, qui n’est rien d’autre que la soumission de l’expert au citoyen, restaure la politique. Mais alors, qu’est-ce que la politique ? Nous avons bien vu ce qu’elle n’est pas. Nous nous sommes intéressés à l’égalité politique. Mais la politique elle-même ?
Définissons l’essence de la politique par ces termes: la politique est l’appropriation collective de ce qui est public (ce qui suppose le devenir public de pans entiers de l’existence collective, leur déprivatisation qui ne signifie aucunement leur nationalisation). Disons de cette définition qu’elle est la politique au vrai sens du terme. Elle est le contenu de la souveraineté, elle est l’exercice le plus accompli de cette souveraineté. Ou encore, pour dire le autrement proposons cette définition : la politique est le devenir public de ce qui est supposé être public. Cette définition de la politique s’enracine dans une certaine conception de l’homme, une anthropologie philosophique, qui a été énoncée pour la première fois par Aristote, “ l’homme est par nature animal politique ”. L’énoncé d’Aristote ne signifie pas que l’homme est toujours un animal, de façon effective, politique ; il signifie qu’il a la possibilité de le devenir, qu’il est en puissance un animal politique, et que quand il le devient il réalise sa nature, est pleinement homme. 
De là nous pouvons conclure à ceci : la politique est le vrai travail de l’homme. Marx, on s’en souvient, estimait que l’essence de l’homme est le travail (qu’il faut comprendre, au fond, comme l’autoproduction de l’homme à travers la production de ses conditions  d’existence). Aristote – que Marx a lu de très près – pensait que cette essence était plutôt à chercher du côté de la politique (même si, au fond, pour lui l’essence de l’homme est avant tout la raison). Pourtant l’animal qui travaille de Marx répond à l’animal politique d’Aristote.
Mais de fait (même si Aristote est plus profond que Marx) le philosophe contemporain, qui arrive après le marxisme et bien sûr après Aristote, peut s’autoriser une synthèse. Le travail œuvre chez Marx à la même chose que ce à quoi œuvre la politique chez Aristote : à l’auto-production de l’homme. Marx et Aristote ont ceci en commun : l’homme est fils de ses propres œuvres ! Ainsi, philosophiquement, on est en droit de subordonner Marx à Aristote sans les faire entrer en contradiction réciproque en affirmant : la politique est le vrai travail de l’homme, son travail radical, celui par lequel il peut consciemment se produire en tant qu’homme, autrement dit se produire en tant qu’animal politique. L’égalité, produite par la politique, l’égalité politique (l’égalité au bon sens du terme) est la condition pour que ce vrai travail (la politique) soit possible, autrement dit elle est ce qui permet aux hommes d’être vraiment hommes.
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Conférence prononcée à la médiathèque de Vénissieux.